Sanguinet Athletic Club - SAC

Le Sanguinet Athletic Club est une grande famille rugbystique dont font et feront toujours partie les bénévoles. Créé depuis 1942, il accueille chaque année de nouveaux adhérents dès 3 ans afin de participer à des compétitions régionales et nationales. A ce jour le club compte plus de 230 membres dont 130 joueurs et joueuses allant de 3 ans à 50 ans et enfin 70 membres honoraires et bénévoles partageant les valeurs du rugby, l'esprit d'équipe et une volonté de vaincre !

La vie du club à travers les témoignages

A Sanguinet, nous avons eu la chance d’avoir un jeune homme très haut en couleurs, un véritable passionné du ballon ovale !

Ce jeune homme s’appelait Jeannot Triscos.
Il jouait au rugby à Parentis-en-Born au poste de 2ème ligne.

J’avais 10 ans en 1933 et déjà à l’école primaire, Jeannot attendait nos sorties en récréation pour nous faire jouer au rugby à VII ou à VIII.

Gilbert Noailles

Jeannot organisait une fois par an un match de rugby.
Il s’entourait de 6 à 7 joueurs venus d’ailleurs pour encadrer l’équipe. Tous les autres joueurs étaient des profanes du cru.

Il y avait

  • Chouchou ( Henri Laluque ), le père de Jacky, un homme très costaud qui à lui seul tenait la mêlée.
  • Jean Dubos, ancien maire, qui contestait toutes le décisions de l’arbitre.
  • Adrien Cadichon,
  • Lolo ( Victor Gatuingt ) et tous les autres à qui il aurait fallu leur donner un panier pour attraper les balles.
  • Je ne dois surtout pas oublier Pierre d’Eloi à qui on recommandait de plaquer à tour de bras puisqu’il arrivait à plaquer des joueurs sans ballon.

Quand ceux-ci lui faisaient la remarque, il rétorquait aussitôt : « tu l’as pas le ballon mais tu l’as eu » ce qui occasionnait parfois quelques disputes et échauffourées.

Gilbert Noailles


Le clou de la fête, c’était Lolo, un personnage très imagé qui tombait à chaque mêlée et que l’on soignait avec le contenu d’une gourde de vin rouge.

La plupart du temps, ces matchs se jouèrent au Clercq sur un champ qu’avait prêté Jean Boyau.
Ce terrain fut d’ailleurs utilisé jusqu’en 1948 par l’équipe du S.A.C.
Tous ces matchs d’un jour étaient assez folkloriques, mais cela a servi à faire connaître le rugby à Sanguinet.

En 1936 arriva René Brunet, un jeune instituteur rouquin, très sportif, très dévoué à la cause du sport.
Il fonda bien vite une équipe de basket et d’Athlétisme.
Cette équipe joua jusqu’en 1941 et fut dissoute en 1942.
C’est alors que, sous l’impulsion de Jeannot Triscos fut décidé de fonder une équipe de rugby.
C’était la naissance du Sanguinet Athlétic Club.
Tous les joueurs de basket passèrent au rugby.

Je dois souligner que les premiers joueurs étaient tous des garçons qui, dès 1933, avaient joué au rugby à 7 à l’école.
C’est pour ces raisons que je dis que le S.A.C. eut 10 années de gestation.
Elie Triscos en fut le président, Roger Dubes occupait la vice-présidence, le secrétariat était assuré par Marc Lurroc et la trésorerie par Laluque, le facteur.
Jeannot Triscos qui était l’instigateur et l’âme du S.A.C. en était l’entraîneur.
Et en avant, le Sanguinet Athlétic Club était né.

Je dois dire qu’il a fallu une certaine dose de courage à ses dirigeants pour que cette équipe puisse survivre.
Pour les déplacements de l’équipe, c’était un véritable casse-tête compte tenu des restrictions de carburants dues à l’occupation du pays par les allemands. Il a parfois fallu se déplacer à bicyclette pour aller prendre le train en gare de Caudos ou Lugos. Croyez bien que c’était de drôles d’expéditions.

A ce sujet, j’ai une anecdote amusante !

Nous avions pris le train pour aller jouer à Rion. Sur le chemin du retour, par une nuit très noire, le train marqua un arrêt près du lieu qui s’appelle Ligaugas. Henri Dupuy et moi étions les plus près de la sortie du wagon et croyant que nous étions en gare de Lugos, nous descendîmes rapidement. Sitôt les pieds posés sur le ballast, le train repartit sous notre nez. Il nous aura fallu marcher le long de la voie ferrée jusqu’à Lugos où tous les autres nous attendaient, bien au chaud, au Café de la Gare. Je ne vous dis pas la mise en boite, les moqueries quand nous les avons retrouvés et finalement tout ça finissait à la rigolade.

Gilbert Noailles

1943, 1944 et 1945 furent des années très difficiles pour le club.

Certains joueurs furent requis par le travail obligatoire en Allemagne, trois autres partirent pour la guerre.
Parmi ces jeunes gens, il y avait les deux ailiers, les deux piliers et le demi de mêlée.
Cinq joueurs en moins pour une équipe qui débutait allait poser bien des problèmes.
L’un deux, Roger Labat ne revint pas.  Il mourut au camp de concentration de Dachau le 26 mai 1945.
Le bureau et les joueurs décidèrent que le stade porterait son nom.

  • La saison 1945/1946 fut moins dure puisque la guerre était finie.
    Les quatre joueurs revenus plus quelques jeunes qui avaient commencé à jouer durant notre absence allaient causer moins de soucis.
    Avec des hauts et des bas, le club a bien fonctionné jusqu’en 1958 où à partir de cette date, il tomba en sommeil.
  • En 1958, Marc Lanusse, joueur du club est venu me solliciter pour remonter le club.
    Avec Néné Tauzin, nous avions accepté le défi.
    Nous étions repartis pour une nouvelle galère.
    Néné est un homme d’un grand courage, toujours disponible et prêt à tous les sacrifices.
    Le S.A.C. lui doit beaucoup de reconnaissance.
    « Chapeau Néné pour ce que tu as fait et merci pour la société ! ».

Ensemble, nous avons reconstruit une équipe avec des joueurs de 16 à 20 ans encadrés par quelques anciens.
Pendant deux années, nous avons joué de nombreux matchs amicaux en nous rendant chez l’adversaire.
L’indemnisation de ces déplacements nous permettait de gonfler la caisse du club, caisse que nous avions trouvé vide lors de notre arrivée.
Tous ces matchs amicaux apportèrent de très bonnes choses au club et nous permettaient de préparer au mieux une équipe pour l’avenir.

  • En 1961/1962, nous avons donc engagé cette équipe dans le championnat de la Côte d’Argent.
    Norbert Dufau qui assurait à cette époque le secrétariat du club s’aperçut que ce dernier fonctionnait sans statuts.
    Il s’attacha à rédiger ceux-ci afin que le club soit officiellement reconnu.
    Ces derniers furent modifiés en 1966, sous la présidence de Monsieur Paul Capdeviele, lorsque le club devint omnisport.
    Un nouveau bureau s’était formé.

J’ai quitté toute activité et suis resté 27 ans à l’extérieur du S.A.C. sans jamais oublier mes couleurs jaune et noir.
J’ai réintégré le S.A.C. en 1992 sous les insistances de Raoult Lacoste, un autre passionné, et Jean-Claude Dubernet qui en assurait la présidence.
J’ai arrêté toute activité en 1998 à l’âge de 75 ans mais pour moi la passion demeure.

Il y aurait beaucoup de chose encore à raconter mais ma plume a vieilli et ma vielle tête ne se rappelle plus de beaucoup d’anecdotes.

Récit de Gilbert Noailles