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Un fait d'armes sans conséquence

 La France a déclaré la guerre à l’Allemagne en septembre 1939. Pour autant, les combats ne commenceront sur le territoire français qu’en mai 1940. À la surprise générale, la défense française vole en éclat en quelques semaines. L’armistice est signé le 22 juin 1940.

 

La France est alors divisée en deux par une ligne démarcation. Toute la zone qui borde l’océan atlantique est placée en zone occupée. Un détachement de l’armée allemande est, alors, positionné à Sanguinet. « Ils étaient en nombre » affirment les anciens sans donner de chiffre.

 

Le poste de commandement était à la maison du lac. Le commandant de ce détachement s’appelait Schulz. Dans les maisons du centre bourg, des chambres avaient été réquisitionnées pour loger les soldats. Deux officiers, par exemple, occupaient deux chambres au-dessus du salon de coiffure de Monsieur Dalbos.

 

Ils avaient réquisitionné un grand champ au Piaou pour leurs exercices physiques quotidiens. Régulièrement, ils défilaient dans le bourg certainement pour fêter certains évènements propres à l’histoire de leur pays mais surtout pour montrer leur présence et leur force.

 

Ils tenaient un poste de contrôle doté d’une chicane sur la route de Bordeaux un peu avant l’église. Ils avaient creusé, de part et d’autre de la route, des trous pour se protéger en cas d’incident.

 

Les enfants au fil du temps, avaient un peu moins peur d’eux. Lors de certaines cérémonies militaires, ils s’amusaient à suivre le défilé des soldats en les mimant avec des bouts de bois sur l’épaule pour symboliser des armes. C’étaient des pères de famille loin de chez eux, ils étaient, de ce fait, assez débonnaires avec les enfants.

 

Il fallait néanmoins rester prudent. J. Pierre Dalbos se rappelle encore la colère du capitaine Schulz qui, chaque jour, venait au salon pour se faire raser. Les murs ont tremblé le jour où sa mère, par inadvertance, l’avait blessé…

 

De la résistance, ils étaient trop jeunes pour tout comprendre. Ils savaient que leurs parents avaient caché leurs fusils de chasse plutôt que de les remettre aux allemands, qu’ils conservaient autant que possible leurs récoltes et les produits de leurs élevages pour eux; « les vaches, à cette époque, avortaient beaucoup et les cochons étaient tués de nuit après avoir été assommés ». Effectivement, on parlait de marché noir, certains étaient soupçonnés de s’y adonner, mais, a priori, sans preuve avérée.

 

 Ils se rappellent, surtout, de la fusillade vers 11 heures du matin du côté de l’Aiguille. « Cinq ou six pets puis, moins de deux minutes après, le bruit d’une voiture qui s’arrête à Lapiraou. Un allemand en sort pour plonger dans l’un des trous aménagés sur l’accotement ». Marc Larché et ses deux sœurs qui étaient affairés aux travaux des foins à côté, comprirent illico qu’il valait mieux quitter leur ouvrage. La voiture repart et s’arrête à l’église. « Le capitaine Schulz fou-furieux braque son arme sur J. P Dalbos, âgé de cinq ans, en demandant avec véhémence à ses parents le nom du terroriste, auteur de l’attentat. L’abbé Fortinon s’interpose en dressant devant les yeux du capitaine la croix qu’il portait habituellement sur sa poitrine. Il injure l’officier de ne pas faire de bêtise. Heureusement, il a été écouté ».

 

Ils apprendront plus tard qu’il s’agissait d’un grec qui appartenait au réseau de résistance dirigé par « le grand Clément », chef de réseau tué par les allemands après avoir été dénoncé. Ils apprendront, également, qu’à Sanguinet, Adrien Noailles dit « Marsaou », le marchand de poissons, récupérerait des armes sur les zones de parachutage vers Captieux et qu’il possédait un poste émetteur qu’il cachait dans le parc à cochon à proximité du terrain utilisé par les allemands pour leurs exercices physiques avant d’être obligé de trouver une autre planque pour éviter d’être repéré. Il s’est dit également que des parachutistes anglais auraient été hébergés dans les sous-sols de la maison Caliot (La Renardière) alors que des allemands y résidaient à l’étage.

 

Ils gardent le souvenir du bombardement par les Anglais du camp de Cazaux en avril 1944 et de la destruction par les allemands entre les Eaux qui rient et Beau rivage des matériels qu’ils ne pouvaient pas emporter avec eux dans leur retraite.

 

A la libération, il y aurait eu deux ou trois femmes rasées sur une charrette. Ils se souviennent également qu’un prisonnier allemand, qui a travaillé à l’usine Caliot après-guerre, est revenu quelques années plus tard à Sanguinet. Imprimeur de métier, il aurait notamment rendu une visite à l’imprimerie du littoral.

Janvier 2025

 

à vérifier

- réseau Grand Clément - D'après des historiens, Grand Clément aurait été arrêté, non pas par les Allemands, mais par les forces libres françaises pour collaboration avec les Allemands à la fin de la guerre, sa femme ayant été faite prisonnière par les Allemands.

Le FFI Grec ?

Allemands et/ou Anglais chez l'habitant ?

Visite à l'imprimerie du Littoral ?