De 1704 à 1761, le château "Descouasse" était la propriété du Comte François, Armand de Montferrand
Situé dans le centre du bourg de Sanguinet, non loin de l'église, sur la route de Parentis, (aujourd'hui lotissement de Lillot) le château Descouasse (qui fût successivement la propriété des Triscos, puis des Naureils) servait de demeure au seigneur de Sanguinet en la vicomté Descouasse (chevalier, seigneur marquis de Montferrand, marquis de Landiras, vicomte Descouasse et Castets en Dorthe, Bares, Lados et autres lieux, Soudan de Latrau, premier baron et grand Sénéchal de Guyenne et Libourne) l'une des plus puissante et ancienne famille de la Guyenne (une branche des Montferrand possédait un autre château Descouasse encore visible à Uza)
Les Montferrand avaient pris pied en Pays de Born, en 1415, par le mariage de François de Montferrand avec Jeanne Sans de Pommiers, fille unique de Jean Sans de Pommiers, dit le Boîteux, vicomte de Fronsac et d'Uza , seigneur de Biscarrosse, Pommiers, Belin et Aureilhan, d'où la branche des Montferrand d'Uza, qui s'allia avec la famille de Lur, et avec la famille de Saint Martin, laquelle garda Biscarrosse jusqu'en 1663.
François-Armand, seigneur de Sanguinet, appartenait, lui, à la branche des Montferrand, dite des Soudans de la Trau, issue de Pierre de Montferrand, marquis de Landiras, décapité à Poitiers en 1654, pour avoir tenté de soulever son ancienne ville de Lesparra, en faveur du roi d'Angleterre. Il fut le dernier Montferrand (voir ci-dessous, l'assassinat en 1751, du comte Charles Hyacinthe)
A la mort de François-Armand (1761), le château de Sanguinet revient à sa soeur Marie-Catherine-Delphine, mariée en 1720 à François de Brassier.
En 1800, la commune de Sanguinet compte environ 680 habitants, le bourg est formé de quatre maisons seulement : une maison de maître, une auberge, le château De Montferrand et le presbytère, avec bien entendu l'église.
En 1797, il vient d'être fait, en présence de M. Eugène DUPUY, agent municipal de la commune, l'estimation des biens que possède Mme Delphine BRASSIER veuve BUDOS, fille de M. de BRASSIER le dernier seigneur de Sanguinet (descendant du comte de MontFerrand) propriétaire du château Descouasse décédé en 1761.
Il ressort de cette enquête que le total des biens et des propriétés se monte à 8.430 hectares sur les 10.775 hectares de la commune. Les maisons ont l'air en très mauvais état.
Nous trouvons :
Il ressort qu'à cette époque, les maisons étaient surtout construites en bois et on avait de grandes difficultés pour les entretenir.
Cette dame veuve BUDOS, possédait aussi à Sanguinet beaucoup de pièces et lopins de pignadas d'une superficie de 723 journaux (1 journal équivaut, suivant les communes, entre 28 et 32 ares) et qui s'appelaient : VILLENAVE - LAMOLETTE - BADET - LALIERE - LE PAVILLON - LE PUY DE LA VIGNE - LE MOUNEY - LE DEVANT DE L'ESTEY - LE PILA - LABRET - LE CARTEY - , etc...
Aussi des maisons de métayers réparties dans toute la commune à :
CHRETIEN - LAGNEREAU - CORNEILLEY - MARCHANDON - SABAS - LARRAT - BERNON - CRICQ.
Beaucoup de terres labourables avec ces maisons, des prairies et des marais. Ces prairies étaient situées au bourg et presque tout le temps recouvertes par l'eau, deux prairies attenant à la çi-devant église bordant l'étang au midi et au nord sur une contenance de 60 journaux, couvertes d'eau toute l'année.
Il y avait également à Sanguinet ( à la Grande Mole) un moulin à eau à deux meules, avec la maison du meunier bâtie en pierre composée de 4 chambres, une écurie avec une grange à foin bâtie en bois et couverte de tuiles, deux parcs couverts en paille et également un moulin à vent (la Grande Mole), le tout évalué à un capital de 11.700 francs.
A cette époque l'élevage avait droit de cité dans la commune puisque Mme de BRASSIER possédait 161 brebis à Corneilley, 22 brebis à Marchandon, 12 brebis à Bernon et 22 chèvres au Cricq. A Lagnereau elle possédait deux paires de boeufs et 60 ruches à miel et 11 ruches à miel au Bougès. Ceci était estimé à 1.450 francs.
Puis pour terminer l'énumération de ses biens, elle possédait 25.000 journaux de landes dépendantes de la commune de Sanguinet.
Toutes ces propriétés rapportaient d'excellents revenus à cette dame car dans l'extrait du rôle de 1791 sur une déclaration faite en son nom par son fermier Mathieu MIOSSENS, son moulin à eau est estimé au prix de ferme de 800 livres par an et sa maison du bourg à 200 livres par an. Son capital était évalué à la somme de 50.222 francs.
Archives Norbert Dufau, instituteur. Ecrit Jean Pierre Didiot
En 1769 Pierre-Louis Dupuy, fait construire la maison juste à coté appelée L'Escouasse, puis en 1777 achète les communs du château notamment les écuries.
En 1791 la famille Triscos Charles rachète la bâtisse et en fera une auberge qui servira occasionellement de
salle des fêtes.
En 1888, les Naureils, descendants des Triscos prennent possession de l'auberge.
En le bâtiment est rasé pour en faire un lotissement " Lillot"