A Sanguinet, comme dans les autres communes, la révolution était passée par là et la maison presbytérale (en torchis et bois à l'époque) a été vendue par mise aux enchères le 8 du mois Floréal à 10 heures du matin (8 avril 1799) ; l'adjudication se faisait à la bougie. La 1ère fois, il n'y eut aucune enchère et l'enchère définitive a eu lieu le 13. Pendant le premier feu, il a été offert par le citoyen Bernard Lestage la somme de 6.000 francs ; au cinquième feu, le sieur Brunet offre la somme de 22.100 francs. Durant le sixième feu, aucune autre enchère n'étant faite, l'administration a adjugé au citoyen Brunet la maison presbytérale et les dépendances de la commune de Sanguinet pour la somme de 22.100 francs.
Le sieur Brunet a déclaré faire commande en faveur du citoyen Jean Fleury, jeune de la commune de Parentis en Born. Il faut signaler que le presbytère et les dépendances se montaient à l'époque à une surface de 20 hectares environ.
Puis, coup de théâtre, Monsieur Jean Fleury vend la maison presbytérale à plusieurs particuliers de la commune devant maître Arnaud Cazaillam notaire à Parentis ; Jean Fleury est négociant à Parentis et les acquéreurs sont des propriétaires de Sanguinet acceptant de l'acquérir avec l'intention de céder leur acquisition à la commune du dit lieu, si elle leur rembourse le prix de la présente vente qui a été décidé pour la somme de 1.400 francs et chaque acquéreur pour le 1/8° de la dite somme.
Les acquéreurs sont :
- Pierre DUPUCH aîné - Jean DARCHE - Jean NOAILLES Marceau - André DUPIN aîné - Martin DALBOS - Jean CASTERA - Jean DUPUY dit Jeannet - Pierre LAFON fils.
Cette vente a été faite dans la commune de Sanguinet dans la dite maison presbytérale à 6 heures du soir le 29 Vendémiaire en 14 et étaient présents messieurs Raymond BARBE prêtre desservant de la dite commune et Jean LABARTHE commerçant.
En 1805, le conseil municipal sous la présidence de son maire François DEJEAN propriétaire à Sanguinet et des membres qui suivent :
- Martin DALBOS - Jean DUPUY - Jean CASTERA - André DUPIN - Jean DARCHE et Pierre DALBOS, se réunit pour prendre la résolution de racheter le presbytère suite à l'arrêté de Monsieur le Préfet et de l'écrit du Sieur BERTRUC portant vente faite à la commune de la maison presbytérale et les dépendances pour le prix de 1.400 F. Le conseil accepte et décide que les fonds de l'achat soient faits par une contribution extraordinaire "au marc le franc" et additionnelle à la contribution foncière.
Contribution " au marc le franc"
- le marc était une mesure qui équivalait à un poids de 8 onces et qui servait à peser l'or ou l'argent. Dans notre cas, cela devait être une quantité d'argent pesant un marc qui serait demandé aux habitants de la commune.
Il semblerait qu'à la vente de la maison presbytérale à la commune, elle était habitée par le sieur BERTRUC.
Cette vente du presbytère et de ses dépendances va d'ailleurs créer de gros problèmes par la suite entre le desservant, la commune et les héritiers d'une partie des dépendances : la famille LADEVEZE. tout le mal viendrait que lors de la vente du presbytère et ses dépendances par le gouvernement, il n'aurait point compris dedans un marais appelé LE HONCHET, ce marais aurait été le fruit d'une transaction entre le gouvernement et Madame de SAINT HEREM le 14 Pluviose an 6 (14 janvier 1797) en sa qualité de seigneuresse ou héritière des propriétés du bourg de Sanguinet dépendantes du château et qui avaient été séquestrées par l'émigration du seigneur de BUDOS ; ce marais n'a pas dû faire partie de la vente des dépendances du presbytère et c'est ce qui va amener plus tard de nombreux procès avec ce fameux marais du HONCHET.
Toute cette affaire va durer jusqu'en 1863 où Monsieur le Préfet donne la faculté à la commune de se prononcer sur l'affaire du marais de HONCHET et de la manière la plus avantageuse pour elle. Il a de plus convoqué les époux LADEVEZE pour assister à la réunion. Le conseil a proposé un arrangement à l'amiable sur les clauses relatives au dit marais. Ceux-ci forts de leur bon droit n'ont voulu convenir aucun arrangement, le conseil pour éviter des frais et un procès dont l'issue paraît douteuse décide de se désister, sauf un avis contraire de Monsieur le Préfet, de tous les droits et prétentions qu'il pourrait avoir sur le dit marais.
Extrait du bulletin de liaison du Cress - Archives Norbert Dufau - écrit Jean Pierre Didiot
Le presbytère tel que nous le voyons en (2024) a été construit en 1875.