Rencontre avec la famille Noailles

 

Yves Noailles ( au centre) avec son épouse et sa sœur Marcelle (à droite) ont évoqué le quotidien de leur enfance.

 

 

Retrouvez le récit de l'arrestation et la déportation de (Marc Noailles, frère ainé) dans la rubrique Guerre 39/45, une jeunesse sacrifiée.

 La famille se composait de 15 enfants (dont 3 décédés), 8 filles et 4 garçons nés entre 1921 et 1945 vivait dans la maison appartenant aux parents. Le grand-père paternel vivait également avec la famille. Marcelle se rappelle ce grand-père qui marchait rapidement et faisait des chutes fréquentes.

 La maison se composait de 5 chambres, partagées par plusieurs des enfants.

 

L'habitation se situait au lieu-dit « Palu », dans un quartier assez éloigné du cœur du village

( environ 5 km). Les déplacements se faisaient le plus souvent à pied puis plus tard à bicyclette.

Parfois, M. Laborde, qui parcourait le village pour distribuer le lait les prenait dans son véhicule et les avançait sur leur trajet.

Durant l'été, les élèves devaient ramasser des pommes de pin pour apporter à l'école et permettre d'allumer le poêle.

Du temps de leur enfance, l'école se composait de 4 classes :

Mme Noailles

• Mme Dupuy

• M. Normand

• M. Labat, le directeur

La scolarité se prolongeait jusqu'à 14 ans.

 

Commençait ensuite la vie active, au sein de la famille : travail au champ, gemmage des pins à Caudos, puis dans des entreprises ou des familles plus ou moins lointaines : l'aînée des filles partie faire les vendanges à Listrac y est restée, Micheline partie à Paris sur les conseils du Dr Ritoux, est revenue à Biscarrosse pour sa retraite, Lucette a travaillé à Naouas, servant leurs repas aux ouvriers après les grands incendies de 1949, Yves est parti à Strasbourg effectuer son service militaire pendant 18 mois (élaborant les hors- d'oeuvres au mess des officiers, soit 300 couverts à chaque repas) puis il a travaillé pour différentes entreprises de travaux publics au Teich, à Mérignac, au port de Perpignan, à la poudrerie de Bergerac...

Les activités à Sanguinet étaient restreintes et ne pouvaient absorber toute la main-d'oeuve disponible. Outre le gemmage, les commerces et ateliers divers, certains possédaient des vaches plus ou moins « sauvages » élevées pour la viande. Au printemps, ces troupeaux partaient vers les dunes pour se nourrir de sarrasin sauvage, puis revenaient ensuite sur les pâturages du village, en particulier vers Louse.

 

Les activités lacustres étaient également importantes : pêche, mais aussi transport par bateaux, dont le bois par M. Caliot. Les bateaux utilisés étaient mis à l'abri dans des cabanes à Beau Rivage

La famille Noailles vivait des productions personnelles : volailles, cochons, vigne, potager, blé, maïs... étaient élevés ou cultivés pour nourrir la famille et les animaux domestiques.

Pour les autres produits, Sanguinet comptait des épiceries dont celle de la « Gran Berthe ».

 

Pendant la 2° Guerre Mondiale, la famille a acheté un concasseur de façon à obtenir sa propre farine sans avoir recours aux services d'autrui.

 

Les loisirs se limitaient aux fêtes villageoises et aux bals chez Michenaud.

André Dumartin jouait de la trompette, M. Fulchic de l'accordéon et Raymond Lalande de la batterie et faisaient ainsi danser leurs compatriotes.

Propos recueillis par Jocelyne (Dutruch) Habersetzer - Mars 2025