Il faut avoir en mémoire qu' en 1786, la scolarité des enfants n'était pas une priorité pour les parents, les enfants étant plus utiles aux champs à garder le bétail et à la maison. Il a fallu attendre le 1er mai 1787 pour voir un maître d'école - M. Alexandre Laperrière nommé par les autorités ecclésiastiques dont dépendait l'école en France même bien après la révolution.
Ce maître d'école et ses successeurs éduquaient les jeunes Sanguinétois dans le presbytère de l'ancienne église jusqu'en 1839, c'est à dire à l'achèvement des travaux de construction de la première école communale.
1838 - La première école communale
La commune de Sanguinet va se décider pour la construction d'une Maison d'Ecole. Pour cette réalisation il faut de l'argent et Monsieur le Maire procédant par exécution de l'Ordonnance de sa Majesté Louis-Philippe Roi des français en date du 21 décembre 1835, portant que la commune de Sanguinet est autorisée à vendre aux divers détenteurs soumissionnaires dénommés dans le procès-verbal d'expertise du 7 décembre 1831, 22 portions de terrains usurpés. Donc en ce jour du 18 août 1837 Monsieur le Maire vend en faveur des sieurs Arnaud et Etienne Dupuy une parcelle de terrain appelée "Courgeyre de Sabas" pour la somme de 244 francs; cette vente a été passée dans la commune de Sanguinet maison dite de la Mole devant Etienne Fronsacq et Jean Dupuy propriétaires cultivateurs. Cette vente est extraite d'une vente d'ensemble de 22 terrains d'une contenance de 120 hectares moyennant la somme de 1.033 francs. Le produit de cette aliénation sera employé aux frais de construction d'une Maison d'Ecole.
En mai 1838, la décision est prise par la commune d'entretenir une école communale primaire élémentaire. Il sera alloué à l'instituteur, Mr Loustouret (page 2) un traitement fixe de 200 francs par an. Ce traitement et le prix de l'indemnité de logement et du loyer de la maison d'école s'élèvent ensemble à la somme de 300 francs. Cette somme sera payée pour l'année 1839 au moyen d'un imposition extraordinaire de 2 centimes 1/2 additionnel aux principales contributions foncières, personnelles et mobilières.......Le Conseil municipal fixe ainsi qu'il suit la contribution mensuelle à payer par les parents des élèves de l'école communale:
Le 11 juin de la même année, la commune demande au Préfet (page
14) d'approuver les plans et le devis qui s'élèvent à 2738 f. Le 19 août, l'adjudication est faite en faveur de Pierre Dupuy de Sanguinet qui va
construire cette école au bourg, près de l'église et va la terminer en février 1839.
Cette première école comprenant une salle de classe, deux chambres et une cuisine pour l'instituteur était construite sur la partie communale où se trouve actuellement la poste, mais il ne s'agit pas du même bâtiment, en effet la construction de 1839 était plus petite et beaucoup plus proche de la chaussée sur le chemin de Bordeaux.
1867 - La seconde école communale
Le 11 février 1866, l'école a mal vieilli et s'avère trop petite elle sert aussi de mairie, ainsi on peut lire dans les extraits du conseil municipal :
" le maire soumet au conseil municipal un plan et un devis dressés par M. Dupouy architecte pour la construction de la mairie et d'une maison d'école s'élevant à la somme de 15.000f.
La maison commune actuelle n'est pas solidement construite, les murs sont lézardés, le lambris de la salle d'école menace de tomber, les cloisons du corridor s'agitent à la plus légère impulsion et l'une d'elle s'abattit l'an dernier dans la cuisine par la force du vent.
La salle de classe qui compte 50 élèves a une superficie de 35 m² au lieu de 50 comme l'exigent les règlements. Elle sert encore aux séances du conseil municipal et celui-ci, pour ne pas déranger l'instituteur se réunit, pendant la classe, dans la cuisine."
Il y a fort à parier que ce dernier argument a dû certainement faire pencher la balance. Mais, la construction est retardée, tout d'abord par un problème de financement, rapidement réglé par la commune, puis par le Préfet qui exige l'acquisition de terrain pour y établir le jardin de l'instituteur et le préau des élèves.
Le 29 décembre 1867, on échange une partie de landes contre un jardin attenant à la maison d'école, la construction peut commencer. On lit au cahier des charges des travaux de l'école-mairie :
"par soumission cachetée au rabais, exprimé à tant pour cent / l'entrepreneur devra démolir le bâtiment actuel et la valeur des matériaux sera déduite / délai de 8 mois pour la construction."
La petite école est donc détruite et ses pierres réutilisées pour construire la Mairie-Ecole qui nous sert aujourd'hui de bureau de poste. Le bâtiment date certainement du début de 1869, il a accueilli de nombreux garçons entre 1869 et 1897, année du déménagement dans le groupe scolaire tout nouvellement construit. A noter qu'en 1881, la loi rend gratuite l'école publique, le conseil municipal conscient que les élèves seront plus nombreux, demande un instituteur adjoint.....
Mais où sont les filles dans cette histoire ?
1875 - L'Ecole des filles
En 1867, un instituteur Mr Bronqueyre et une institutrice Mlle Duprat sont nommés. L'instituteur , en remplacement de son prédécesseur M. Marsan pour l'école communale du bourg réservée aux garçons, et l'institutrice pour l'école des filles. En effet, la municipalité commence à cette date à louer un local à Louis Dupuy pour 120 francs par an afin d'y installer "une maison des filles "
Devant l'accroissement de la jeunesse sanguinétoise, la commune a compris l'importance d'établir une école de filles, et ce, avant la loi du 10 avril 1867, lui imposant de la faire en tant que commune de plus de 500 âmes. Jusqu'alors, les jeunes sanguinétoises partageaient la petit école communale avec les garçons, depuis 1846, une cloison séparait la salle de classe pour empêcher "toute communication entre les élèves des deux sexes.
M. Dupuy propose en 1870 l'échange de son local contre 50 hectares de landes, mais le conseil municipal refuse. Quatre ans plus tard, l'école des filles ne suffit plus du tout et la mairie décide de résoudre ce problème. On lit le 30 janvier 1874; " le terrain de la maison d'école des filles est trop exigu, la salle d'école trop petite. Il n'y a pas de cour, les enfants jouent sur la route ou sur un terrain qui ne dépend pas de l'école. Le conseil municipal est d'avis de faire l'acquisition d'un terrain de 50 ares, appartenant à M. Deysson, confrontant au nord la route de Parentis, au levant à la même route et la propriété du vendeur, à midi à la propriété du vendeur et au couchant à la route de Biscarrosse....."
Chose faite en février 1875 et le 9 mai, le devis de l'architecte Dupouy pour la construction d'une maison d'école est présenté au conseil municipal pour 13 300f. Puis les travaux commencent mais prennent un petit retard : M. Lafon, entrepreneur de l'école des filles est mis en demeure d'avoir terminé les travaux dans un délai de 8 jours. Ils auraient dû être terminés le 15 mai (séance du 8 octobre 1876)
La construction terminée, on plante platanes et arbres fruitiers sur le reste du terrain. Les jeunes sanguinétoises ont une école communale, et heureusement, car en 1882/83 elles sont 80 demoiselles à la fréquenter, la salle de classe doit être séparée en deux par une cloison et une institutrice adjointe a été nommée.
Ce bâtiment existe toujours, il s'agit aujourd'hui du musée lacustre.
Mr le curé fait des siennes, les élus réagissent en écrivant au Préfet en 1869
1894 - Le groupe scolaire
Au début des années 1890, Sanguinet voit augmenter le
nombre de ses élèves, l'organisation scolaire existante ne suffit plus, les responsables locaux veulent de nouveaux bâtiments.
Ainsi, le 19 juin 1892, le conseil municipal " considérant que les salles de classe des garçons sont beaucoup trop exiguës eu égard à la population scolaire de la commune qui va s'augmentant chaque jour, que d'autre part, la cour de récréation des élèves est bien insuffisante et située trop près d'une auberge.
Que la commune possède un local convenable non loin de l'école des filles,
- "décide le principe de la construction de deux nouvelles classes de garçons et charge M. le Maire de faire les démarches nécessaires en vue de la prompte réalisation de ce projet."
L'année d'après plans et devis sont présentés: " séance du 28 mai 1893 ( extrait du registre des compte-rendus) Présents: Dupont J, Triscos, Dupont P , Villenave, Noaïlles J, Lacoste, Labat, Birrant, Castillon, Noaïlles P, et Dubos maire.
Le conseil municipal adopte les plans et devis relatifs à la construction de maison d'école pour les garçons et sollicite une subvention de l'Etat. Il vote les fonds nécessaires à cette construction et propose, pour l'emplacement de la nouvelle école, un local lui appartenant et situé sur le champ de foire entre les routes de Parentis et Biscarrosse."
Mais la Préfecture refuse l'emplacement proposé, elle le trouve trop proche de l'ancien cimetière (où se trouve actuellement la pharmacie) pourtant totalement abandonné à cette époque, et pense que la déclivité du terrain amènerait les eaux de ruissellement vers l'école.
En décembre 1893, la commune change son fusil d'épaule, elle veut régler conjointement le problème de l'école et de la poste. Le bureau de poste est installé depuis le début de l'année dans un local attenant à l'école des filles et la Préfecture insiste pour que la mairie construise un bâtiment à cet effet.
La mairie décide donc de faire construire une école de filles et une école de garçons, l'école construite en 1875 (le musée) verra dans ses murs le bureau de poste et le logement de l'instituteur adjoint. Pour défendre ce projet, le maire et l'instituteur se rendent personnellement à Mont de Marsan auprès de l'administration, où l'idée est approuvée mais pas encore le lieu.
Nouveau déplacement de MM. Triscos et Dupuy, conseillers municipaux sont désignés " à l'effet de se rendre auprès de MM. les inspecteurs dans le but d'obtenir que les constructions scolaires se fassent sur le local qui paraît , au conseil, le plus convenable et le plus propre à servir l'embellissement du bourg."
En Février 1894, le lieu de la construction est trouvé : réunion du conseil municipal du 18 février 1894.
Présents: MM. Dubos, Maire ; Triscos ; Dupont Jean ; Dupuy, ; Villenave ; Noailles Jean ; Lacoste ; Birrant ; Noailles Pierre.
Le conseil décide de construire les écoles à environ 70 mètres de l'angle formé par les routes de Biscarrosse et de Parentis. La maison d'école des filles serait placée le long de la route de Biscarrosse, et l'école des garçons à angle droit vers l'école actuelle des filles.
Il faut attendre le dimanche 20 janvier 1895 pour connaître l'entrepreneur choisi par adjudication et en séance publique. L'unique affiche annonçant cette procédure existe encore, elle précise le prix des travaux et honoraires soit 34000 f. M Albert Dumora, désigné adjudicataire, a 10 mois pour fini les travaux.
Mais un problème se pose, le moellon ferrugineux qu'il doit utiliser ne se trouve pas en hiver, les carriers refusant de s'engager à les fournir avant le printemps, les travaux ne pourront commencer qu'en avril 1895. D'ailleurs, une lettre date le début des travaux, le 8 avril 1895 M. Dépruneaux Architecte de la ville de Mont De Marsan écrit au maire " j'ai l'honneur de vous informer que je me rendrai samedi prochain 13 avril à Sanguinet pour l'implantation du groupe scolaire et je vois serais reconnaissant d'avertir M. Dumora entrepreneur de ma visite ..
La construction s'achève 18 mois plus tard et le Préfet autorise le commune à prendre possession du groupe scolaire. Le 16 janvier 1897, les élèves investissent une bâtisse qu'ils ne quitteront plus jusqu'à aujourd'hui.
En même temps, le conseil municipal décide, le même jour, de transférer la poste dans le logement tout nouvellement inoccupé de l'instituteur dans l'école des garçons désormais vide, et d'installer la Mairie dans la salle de classe désaffectée afin que l'on puisse trouver " dans la même maison au centre bourg, les deux services de l'Etat "
Considérant que les revenus communaux baissent chaque année et que les dépenses vont croissant,
Considérant que la commune met à la disposition des maîtres la sciure de bois et les balais nécessaires au nettoyage des classes, qu'aucune réclamation n'a été faite au sujet du balayage par les maîtres, les élèves et leurs parents,
Considérant qu'il convient que les enfants s'intéressent eux-mêmes à la bonne tenue et à la propreté de leur école
Considérant que les programme prévoient l'enseignement de l'économie domestique, que des diplômes et mêmes des certificats sont délivrés après examen aux élèves qui ont étudié cette matière,
Que l'entretien et le balayage sous la surveillance des maîtres, toutes précautions hygiéniques prises, sont une application des leçons reçues en classe.
A l'unanimité, le C.M - M. Pierre Dupuy, maire - décide qu'il n'y a pas lieu de voter un crédit pour faire effectuer à l'aide d'agents spéciaux le service de nettoyage et de balayage des classes.
Proposition au C.M - M. René Dubos, maire - d'une caisse des écoles ayant pour but de faciliter la fréquentation des classes par des récompenses sous formes de livres, de livret de caisse d'épargne aux élèves les plus appliqués et par des secours aux élèves indigents, qu'ils ne pourraient se procurer, soit en leur distribuant des vêtements et chaussures et pendant l'hiver des vêtements chauds.
A compléter des directeurs et directrices
Bâtiment " Jules Ferry"
Vue de la cour séparée par le préau avec sanitaires (un côté garçons, un côté filles ; 1950)
Années.... 1980
Construction côté Est de trois classes, d'une salle d'activités, d'un dortoir et de sanitaires pour y installer l'école maternelle.
Construction ou rénovation de la cantine cuisine et réfectoire.
Années..... 1990
Réfection des peintures du vieux bâtiment "Jules Ferry"
Suppression du vieux préau et construction d'un nouveau
Construction d'un local archives le long de la place
Construction d'un portail d'entrée
Années.... 2000
Transfert de la coopérative dans un bâtiment communal existant après le cimetière
Installation de bâtiments modulaires le long de la rue du château d'eau.
Année ....2000
Etude d'un projet de construction d'une nouvelle école sur le triangle situé après le cimetière avec un cabinet d'architecte bordelais.
Démolition des logements saisonniers des gendarmes et du bâtiment mis à la disposition de la coopérative agricole après le transfert de celle-ci à la zone artisanale.
Années .....2010
Construction d'un réfectoire et de classes dans un bâtiment à énergie passive.
Rénovation et extension des cuisines.
Démolition du château d'eau.
Construction d'une nouvelle école élémentaire : dix classes en plus des 4 existantes, 2 salles "ateliers", 1 salle de direction, un préau abrité, des sanitaires et une salle de rangement.
Extrait des archives communales
Octobre 2024
Après le démantèlement des bâtiments, les premiers coups de pelleteuse donnés sur la cantine lancent la démolition de l’école maternelle.
Photos Manuel Pascual