La distillerie, l'âge d'or

Après 1860, l'accroissement de la production de gemme s'explique par le développement des étendues de pins gemmés, au fur et à mesure que progressent les ensemencements des landes dites communales. D'autre part, la demande extérieure s'accroît, stimulée par le retrait sur le marché du plus gros concurrent, les États-Unis, pendant la guerre de Sécession (1861-1865). Enfin, la chimie de transformation apporte de nouveaux débouchés.

Dans un premier temps, les fabricants de produits résineux, placés souvent à la tête de petites entreprises artisanales font preuve d'un esprit individualiste, peu enclins à l'entente et peu favorables à la concentration des moyens de production et des nouvelles techniques.

Néanmoins, la distillation qui utilise toute une panoplie d'installations diverses par leur âge et leur degré de perfectionnement fournit un panel de produits dérivés, commercialisés autant pour des emplois traditionnels que nouveaux :

  • l'essence de térébenthine trouve son principal débouché comme solvant dans l'industrie des peintures, vernis et produits d'entretien, de même que dans certaines industries de synthèses chimiques.
  • les colophanes et les brais trouvent leur emploi dans l'encollage des papiers et la fabrication de savons résineux, ainsi que dans la confection des tuyaux de plomb. La colophane brûlée sous cloche donne des noirs de fumée particulièrement appréciés pour la fabrication de l'encre d'imprimerie.
  • les brais permettent des huiles de résine, avec notamment la résine jaune qui entre dans la fabrication de torches et de chandelles.
  • le brai noir, le brai gras et le goudron servent au calfatage des bateaux, à l'enduit des cordages et à la fabrication des papiers et cartons cirés.

A Illustrer avec des photos

Après la réception des barriques, il fallait épurer la résine, qui contenait souvent de l'eau et quelques débris végétaux. Vient alors la distillation proprement dite. De l'eau pure est ajoutée à la gemme, le tout est chauffé à une température inférieure à 185°C. À 100°C, les vapeurs d'eau entraînent la térébenthine qui passent dans le serpentin où elles se liquéfient, et sont ensuite récupérées. Quand la température atteint 180°C, on filtre le résidu obtenu au fond de la cuve. On obtient alors un produit appelé brai ou colophane selon sa teinte : les plus foncés étaient les brais redivisés en trois catégories, les plus clairs : les colophanes, elles aussi redivisées en trois catégories. Les meilleures colophanes étaient exposées au soleil et prenaient une teinte jaune pâle, elles étaient très recherchées. On les produisait principalement à La Teste, et étaient appelées les « colophanes du soleil ».

Le partage en argent

Le métayer qui est en même temps gemmeur achemine ses productions de résine jusqu'à l'atelier de distillation et reçoit de la part de ce dernier, en fin d'année, une somme d'argent équivalent  à la moitié du prix de vente de la résine, l'autre moitié revenant au propriétaire des pins. Si bien qu'au lieu de donner une part de ses produits, en nature, le métayer se trouve  recevoir une somme d'argent. Cette rente en argent se juxtapose à la rente classique sur les produits de la terre qui, elle, demeure en nature, ces produits agricoles n'étant plus dorénavant que tout à fait secondaires.

La compagnie d'exploitation et de colonisation des Landes de Bordeaux

 

La distillerie Jean Dubos

Le 17 novembre 1851, Monsieur Jean Dubos implanta, après autorisation municipale, une entreprise Dubos et Cie de distillerie de la matière résinière. Octave Dubos en pris la suite. Elle a cessé son activité en 1939 juste avant le début de la deuxième guerre mondiale. Elle se trouvait sur la droite de la route du lac (aujourd’hui avenue Charles Castets).

Chaque propriétaire faisait graver au derrière du pot de résine son nom pour éviter les vols.

Crédit photos : Elisabeth Robin

 

Avant qu’elle ne soit détruite, en 1960, René Jolivet y tourna un film intitulé « les Mordus » avec des acteurs de renom comme Sacha Distel, Danik Pâtisson, Bernadette Lafon ou Michel Galabru.

 

Jean Pierre, évadé de prison, tente de se réinsérer dans la société avec l'aide des ouvriers d'un chantier.

page en construction

Distillerie Dupont

A développer et à illustrer

Mais avec la flambée du cours de la gemme, la tendance s'inverse et les résiniers du Marensin et du Born se sentent pénalisés. Cette situation qui est à l'origine dès 1905 des premières grèves de résiniers dans le Marensin et Pays du Born, s'accompagne de la création des premiers syndicats des gemmeurs. Pour défendre collectivement leurs intérêts et leurs revendications sur les conditions de travail, les résiniers multiplient les syndicats : en 1934, la puissante Fédération des gemmeurs regroupe 90 syndicats, soient près de 10000 adhérents.

Devant la situation de crise de 1933 et les menaces graves qui pèsent sur les produits résineux, avec la concurrence étrangère, s'organise un front commun pour la défense de la production de la gemme. Le Syndicat des propriétaires forestiers du Sud-Ouest et la Fédération des gemmeurs du Sud-Ouest formant une entente, proposent la création d'une Caisse de compensation des résineux, dont le fonctionnement reposerait sur une avance effectuée par l'État. Voté par la Chambre des députés, le projet de loi est refusé par le Sénat.