« A un an près »
A la fin du siècle dernier, la voiture était le moyen de transport le plus utilisé pour aller travailler, pour faire ses courses dans les commerces du village ou pour amener les enfants à l'école.
Il était difficile de faire autrement car rien n’était pensé pour la pratique du vélo. De même, pour aller dans les communes voisines, il fallait nécessairement risquer sa vie, surtout en période estivale en empruntant les routes départementales. Rejoindre Biscarrosse Plage était inenvisageable.
Le cadastre sur Sanguinet faisait pourtant état d’un chemin rural qui était censé relier Biscarrosse à Sanguinet mais sur le terrain pas de trace. Celui de Biscarrosse portait également mention de ce chemin rural. Par contre, sur le terrain, à l’inverse de Sanguinet, le chemin était toujours existant.
Pour rétablir cet itinéraire entre les deux communes, la réouverture du chemin rural s'imposait. Pour ce faire, deux obstacles devaient être surmontés : convaincre les propriétaires riverains qui s'étaient accaparés de bonne foi ou non de l'emprise du chemin et trouver le financement des travaux nécessaires notamment un pont sur le canal de l'Areillet.
Le financement des travaux
En 1995, la mairie a connaissance de la création du FGER, le fonds de gestion de l’espace rural. Il est géré par le ministère de l'agriculture et de la forêt avec pour objectif de concourir à l‘entretien et à la réhabilitation des espaces ruraux et à la conservation du patrimoine local. C'est cette opportunité qui incita la municipalité à lancer le projet. A noter que la municipalité obtint, également, une aide financière pour restaurer le garage à bateau sur la Gourgue et le lavoir sur la Moulette.
L'emprise du chemin
Sur le terrain, le chemin semblait ne jamais avoir existé. L'absence d'ouvrage de franchissement du canal de l'Areillet et l'existence de chemins d'exploitation à partir de la route départementale expliquent certainement cette situation. Faute d'utilisation, la nature a repris ses droits ; le chemin s'est refermé. Les propriétaires riverains qui se sont succédé au fil du temps soit l'ont oublié soit n'en connaissaient pas l'existence.
Sur le cadastre, par contre, on retrouvait clairement son tracé :
le point d'arrivée avant de rejoindre le chemin rural existant de Biscarrosse était situé juste à l'endroit où le lit du canal de l'Arreillet ne fait plus frontière avec la commune de Biscarrosse.
la distance de son parcours par rapport à la route départementale de Biscarrosse est facilement calculable.
La commission de la forêt rechercha, en premier lieu les indices du tracé d'autrefois les passages à gué et ponts éventuels sur les crastes et ruisseaux, les vieux chênes, etc.... Puis, à partir des trois ou quatre chemins perpendiculaires à la route de Biscarrosse qui rejoignent les berges du lac, elle mesura les distances par rapport au chemin départemental.
Les propriétaires, qui avaient eu vent du projet, envisageaient de s'y opposer. Une réunion sur site fut organisée par l'un d'entre eux avec Maître Gizard, l'avocat du syndicat des sylviculteurs. Jean Pierre Mauriac, adjoint au maire, qui était parti chercher des girolles dans la forêt tomba par pur hasard sur cette assemblée. Il s'arrêta et présenta à l'avocat le projet de la municipalité. Le soir même, l'information circulait selon laquelle l'avocat avait conseillé aux propriétaires de renoncer à leur démarche.
La réouverture du chemin rural
Cette étape franchie, la commune demanda, alors, à un géomètre de définir avec précision l'emprise du chemin. Ce travail effectué, la Commune informa officiellement, par courrier, les propriétaires riverains de son intention de procéder aux travaux de réouverture du chemin. L’un des propriétaires déclara aussitôt son opposition au projet car il avait replanté sa parcelle 29 ans auparavant. La Mairie le remercia très sincèrement de cette précieuse information car, désormais, à un an près, il ne pouvait plus invoquer la prescription trentenaire pour revendiquer la propriété du chemin. Elle lui confirma donc le début des travaux.
Les arbres qui avaient poussé sur le trajet sont alors abattus et vendus. Les souches sont enlevées, des buses sont posées sur les crastes traversées. Enfin, un pont est mis en place sur le canal de l’Areillet par l'entreprise Gautier de Lugos. Le coût des travaux s'élèvent à 71 149 francs. Ils ont été subventionnés à hauteur de 80% du montant TTC,
La piste cyclable
Désormais, il est de nouveau possible de rejoindre le quartier du Frezat à Biscarrosse sans passer par la route départementale. Mais le chemin en terre est difficile pour la pratique du vélo. Transformer ce chemin en piste cyclable devient le nouvel objectif de la municipalité. Mais, elle n'a plus la main, la compétence « piste cyclable » a été confiée à la Communauté de Communes. Celle-ci a bien conscience de la nécessité de cette voie douce mais elle se heurte sur Biscarrosse à la résistance de la société de chasse. A ses yeux, une piste cyclable au milieu du massif forestier engendrerait trop de contraintes en termes de sécurité. La municipalité de Biscarrosse propose alors un tracé alternatif longeant la route départementale. Les deux options sont chiffrées. Les partenaires financiers (État, Région, Département, Communauté de Communes) tranchent : l'option la moins onéreuse est retenue : la piste cyclable sera réalisée sur l'emprise du chemin rural.