Sanguinet, vers 1800, n'était qu'une vaste étendue de landes dont la plus grande partie constituait la propriété communale et qui furent vendues petit à petit, aux ancêtres de leurs propriétaires actuels pour les besoins de multiples causes.
Ces landes communales entouraient le village de toutes parts, ceinturant les propriétés privées. Mais l'ensemble était loin de présenter l'aspect actuel car, si la culture du pin était déjà pratiquée, les plantations sur de si grandes superficies auraient entraîné des dépenses que le budget communal ne pouvait supporter. Les ventes se faisaient de proche en proche, du centre vers la périphérie, ce qui explique que l'actuel domaine communal se trouve contigu au pare-feu de ceinture, c'est à dire à l'extrême limite du village.
Les limites de Sanguinet sont d'ailleurs restées longtemps imprécises, la décision du conseil de Préfecture concernant les limites avec Salles ne datant que de 1904 et le financement des procès avec les communes voisines fut une première cause de vente de lots.
Nombreux procès
Pour payer les avocats, il fallait vendre du terrain ou voter des impositions de centimes additionnels ; c'est ainsi que pour acquitter le montant des frais occasionnés par le procès avec la compagnie agricole d' Arcachon 15 centimes par franc furent votés en 1839.
Les anciennes limites de Sanguinet contestées par la commune de Salles englobaient 671 hectares de plus que les limites actuelles. Là encore, il fallut plaider et, malgré des procès-verbaux rédigés en bonne et due forme en notre faveur, nous dûmes payer la note et lâcher le morceau.
De même lorsque Biscarrosse absorba les quelques centaines d'hectares situés au bord de l'océan qu'un authentique acte de transaction nous
attribuait.(voir ci-dessous - Sanguinet océan)
Mis à part les procès qui étaient assez fréquents à l'époque, une autre source de dépenses était l'édification et l'entretien des bâtiments communaux. Des écoles, une mairie, l'église actuelle qui coûta une quarantaine de mille francs, un cimetière, le monument aux morts, le pont de la Molle, etc...furent ainsi construits grâce à d'importantes ventes de lots à 50 et 60 francs l'hectare.
Les dernières ventes datent de 1910 et concernent 1250 hectares situés au Baron.
De maigres revenus.
Les sources de revenus étaient maigres en ce temps-là ; elles provenaient d'abord de l'adjudication de la grande pêche dont la mise à prix fut de 100 francs en 1840 et la surenchère de 146 par an, de l'adjudication des nasses, de la vente de bruyère que chacun pouvait tailler, avec autorisation, sur le territoire communal, même en plein bourg, qui, à part trois maisons, n'était que marais et fourrés impénétrables, de la vente de pierre de landes utilisée pour la construction, extraite à Méoule et qui rapportait de 0.25 à 1 franc par mètre cube, suivant qu'elle était extraite par un habitant de la commune ou par un étranger, de la vente de minerai de fer, enfin, aux forges de Pontenx, Brocas et Pissos. Et c'est à peu près tout.......
Tout cela aujourd'hui nous paraît bien ridicule et il ne nous viendrait par à l'idée de vendre du "bruc" ou de la "garluche" à notre voisin mais nos ancêtres étaient moins gâtés, par conséquent moins exigeants que nous et s'ils s'accrochaient aussi avarement à tous les produits de la terre, c'était pour assurer leur pain quotidien et notre avenir ; ne leur devons-nous pas admiration et reconnaissance ?
Janvier 2025
Bien que l'on désigne officiellement le Bourg le lieu ou se situe principalement l'église, le presbytère et quelques maisons (en bois et torchis à
cette époque), la Grande Mole , point de liaison entre les seigneurerie de Certes et de Sanguinet par le pont sur la Gourgue était le lieu d'activités plus importantes sur la commune.(voir carte
d'EM de 1620)
Ce pont du seigneur De Montferrand existe encore : c’est le pont de la Grande Môle, où passait la route au XV° siècle, d’après les cartes. (Mole
veut dire en gascon moulin.) Le Comte De Montferrand y a fait construire deux moulins, l'un à eau sur la Gourgue, un autre, à vent,au bord de l'étang.( X)
Ce point de passage, à la pointe orientale du lac de Cazaux/Sanguinet, était donc très important ; tout le trafic du pays de Born avec le Buch et Bordeaux par La Mothe et Mios y passait ; c’est de ce pont que se servaient les voyageurs partant de Pontenx pour aller prendre à Lamothe le chemin de fer de La Teste à Bordeaux.
Au fil du temps les propriétaires successifs, du moulin de la Mole, puis les autorités locales, le consolidèrent pour en faire le passage obligé
entre Le Pays de Buch et le Pays de Born pour ceux qui veulent contourner le village.
Sur la carte d'Etat-Major de 1620 la mention d'une usine importante de carbonisation confirme le rôle important de l'endroit. Par la suite vint s'installer un restaurant et dans les années 1980 un camping de pleine nature. Aujourd'hui 2024 plus aucune trace ne subsiste.
Tout habitant de Sanguinet, tant soi peu curieux du passé a entendu dire que notre territoire communal se prolongeait autrefois jusqu'à l'océan et que, lorsque nous foulons le sable de Biscarrosse-Plage, nous sommes encore chez nous. Ne possédons-nous pas une tête de pont à Port Maguide (lieu-dit des Hautes-Rives)
Revenons en arrière et nous trouvons cette question à l'ordre du jour de la séance extraordinaire du 17 octobre 1909 (1)
" Monsieur le Maire expose à son conseil municipal que la commune de Biscarrosse se prépare à faire acte de propriété d'une étendue de terrain bordant la mer, autrefois en nature de lande et sable, provenant des biens de Monsieur de Budos émigré, pendant la Révolution, alors qu'il résulte d'un acte de transaction en date du 6 décembre 1820, intervenu entre les héritiers Déjean et la commune de Sanguinet, que le véritable propriétaire de ce terrain est cette dernière commune.
L'article dudit acte est ainsi conçu :
" Sur les 2500 journaux ou 12500 arpents de lande et autres terrains vagues compris dans le procès verbal d'expertise du 22 pluviose an 6, comme dépendant du domaine de Sanguinet dont Monsieur de Berdos était co-propriétaire et estimé 2500 francs lesquels 2500 journaux ont été délaissés à la dame Laroque de Saint-Hérem. Les sieurs Gazaillan et héritiers de François Déjean qui la représentent ne conservent en toute propriété que 1300 hectares ou 2262 arpents représentant 4524 journaux ; le surplus, 10238 arpents, appartiendra à la commune de Sanguinet en propriété et usufruit sans préjudice de 1600 arpents de landes et sable dont la même commune aurait joui de tous les temps et qui bordent la mer.
Monsieur le Maire propose de revendiquer la propriété de ces terrains vu l'acte de transaction ci-dessus ; faute de donner une réponse dans un délai de 15 jours, le Maire est autorisé par la présente délibération à prendre toutes mesures conservatoires pour sauvegarder les droits de la commune.
Il nous aurait été agréable d'assister à une de ces bagarres serrées mais courtoises dont nos ancêtres avaient le secret mais malheureusement, la municipalité voisine de l'époque prit cette réclamation de très haut, comme vous allez en juger et l'incident fut définitivement clos.
Voici le texte de la réponse:
" Le conseil municipal de Biscarrosse, invité à délibérer, considère que le Conseil municipal de Sanguinet oublie les rapports amicaux et courtois qui doivent exister entre communes voisines et formule sa réclamation dans des termes tels qu'il est de la dignité de la commune de Biscarrosse de ne pas y répondre. Considérant au surplus, que cette demande est, non seulement incorrecte mais fantaisiste et sans fondement, le Conseil à l'unanimité est d'avis qu'il n'y a pas lieu de répondre à la délibération sus-visée du Conseil municipal de Sanguinet "
Et voilà comment, nous perdîmes Sanguinet Océan, si jamais nous le possédâmes.....
( un journal = 33 ares)
Janvier 2025
(1) vous êtes redirigés sur les archives départementales. En bas de page , à l'aide des flèches, allez aux pages 9 et 10 pour lire la délibération
Les commerçants et artisans.
En 1900, la commune comptait pas moins de 52 commerçants et artisans.
Aubergistes: Dalbos, Gentieu. - Bois: Triscos. - Boulangers: Triscos, Dupuy. - Cafetiers: Dumora, Triscos. - Carrossiers: Dumora, Souleyreau. - Charbonniers: Dumartin, Dumora. - Charpentiers: Noailles P. , Noailles J., Boudigues, Bonaventure. - Charrons: Dumora, Souleyreau. - Coiffeur: Dumartin. - Drapiers: Triscos, Berrand, Dupont. - Epiciers/merciers: Triscos, Dumora, Noailles, Poujade, Dupuy. - Forgerons: Boyau, Dumora, Villenave. - Horloger: Berrand. - Hôtels: Dumora, Triscos. - Maître/maçon: Boirie. Maréchal-ferrant: Soulan. - Menuisiers: Dupuy, Lalande, Dutruch. - Pâtissier: Mme Raba. - Peintre: Dupuy. - Quincailliers: Triscos, Dumora. - Marchand de sabot: Triscos, Dupont. - Sage-femme: Mme Soulan. - Scieries mécaniques: Corneille, Dupont, Lalanne. - Tailleurs: Lapaillette, Jacquet. - Tonnelier: Dalbos. - Vins en gros: Triscos, Berrand.
Les commerçants et artisans.
En 1920, la commune comptait 64 commerçants et artisans.
Bois: Dupont Gaston. Bouchers: Gentieu, Dalbos. - Boulangers: Triscos, Dupuy, Triscos Fils - Bourreliers-celliers: Dubern, Triscos Gaston. - Cafetiers: Dumora, Triscos P., Herran, Gentieu. - Carrossiers: Ostain, Dalbos Fernand. - Charbonnier: Dumartin, - Charpentiers: Noailles P. , Noailles L., Boudigues, Bonaventure. - Charrons: Boyau, Ostain, Dalbos Fernand. - Coiffeur: Dumartin, Lavignolle. - Drapiers: Vve Bertrand, Triscos Gaston. - Epiciers: Triscos P., Dumora, Noailles, Dupont, Pujade, Dupuy Louis. - Forgerons: Boyau, Dumora, Villenave, Dalbos Amélien. - Horlogers: Dubos René, Lavignolle. - Hôtels: Dumora, Triscos, Herran, Gentieu, Dalbos A. - Maréchal-ferrant: Belliard, Sébelliard. - Menuisiers: Dupuy, Lalande, Dutruch. - Pâtissier: Mme Raba. - Peintres: Dupuy, Lamothe. - Quincaillier: Dumora. - Marchand de sabot: Triscos P. - Sage-femme: Mlle Dupont. - Scieries mécaniques: Corneille, Dupont Pierre, Dupont Gaston. - Tailleurs: Lapaillette, Pujade. - Tonnelier: Dalbos. - Vins en gros: Triscos, Dubos, Dumora.
Les commerçants et artisans.
En 1930, la commune comptait 59 commerçants et artisans.
Bouchers: Gentieu, Triscos P. - Boulangers: Nelcis, Pauillec - Bourreliers-celliers: Dubern, Triscos Gaston. - Cafetiers: Dumora, Triscos P., Vve Lavignolle, Gentieu. - Carrossiers: Ostain, Dalbos Fernand, Boyau J. - Charpentiers: Noailles P. , Boudigues, Poumeyreau. - Charrons: Boyau, Ostain, Dalbos Fernand. - Coiffeurs: Loubiou Th., Dalbos E. - Drapiers: Triscos Gaston, Triscos P. Noailles. - Epiciers: Triscos P., Dumora, Vve Noailles, Vve Pujade, Vve Triscos, Dupuy A., Triscos Gaston. - Forgerons: Boyau, Villenave, Dalbos Amélien. - Hôtels: Dumora, Triscos, Gentieu. - Maréchal-ferrant: Duteis. - Menuisiers: Condou, Lalande, Dutruch, Gellibert, - Maçons: Dubéarn Augustin, Labrit. - Mercerie: Mme Dalbos. - Peintre: Brin. - Quincaillier: Ostain. - Marchand de sabot: Triscos P., G. Triscos, Vve Triscos. - Sage-femme: Mlle Dupont. - Tailleurs: Lapaillette, Pujade, Dubos Robert. - Tonnelier: Loubiou - Vins en gros: Triscos, Dumora, Boudigues G.
Janvier 2025
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